mars 19 2011
Valoriser l'apprentissage et améliorer l'alternance
Vu par Lucie Delaleu, membre du groupe jeunes CFTC, représentante du personnel, Bouygues Télécom à Tours
Faire de grandes déclarations sur le tout-apprentissage, rien de plus facile... Pour constater par eux-mêmes ce qui fait que l’apprentissage peine à décoller, les numéros 1 et 2 de la CFTC se sont rendus, le 11 mars, au centre de formation d'apprentis de Saint-Maur (Val-de-Marne). Améliorer l’alternance compte parmi les propositions de la CFTC dans la négociation sur l’emploi des jeunes en cours. Mais pas seulement. Pouvez-vous nous en dire plus ?
- Lucie Delaleu :
« Les récentes déclarations du chef de l’État vont dans le sens du développement de l’apprentissage, avec notamment un dispositif de bonus/malus pour les entreprises. Mais, à l’autre bout de la chaîne, on voit que ce dispositif ne séduit pas spécialement les entreprises ! [près de 7 chefs d'entreprise sur 10 ont l'intention de réduire le recours à l'apprentissage, selon l'étude réalisée par l'institut Ipsos pour l'association Apprentis d'Auteuil en 2011, NDLR]. Alors bien sûr, cela nous invite à repenser l’apprentissage. Pourquoi les entreprises ne s’en emparent-elles pas ? Et du côté des jeunes, rares sont ceux qui choisissent cette voie par vocation…
Il faut certes développer l’apprentissage, mais en prenant en compte ces données. Et donc intégrer certaines conditions. Il faut mieux préparer le terrain de l’orientation : certes intégrer ceux qui sont en échec scolaire, mais aussi s’ouvrir aux étudiants qui sont à la Fac et qui se demandent quel métier exercer après une licence d’histoire, par exemple. L’apprentissage ne doit pas être un choix par défaut, ni par dépit.
Et pour cela, le "groupe jeunes CFTC" propose que soit réalisé un bilan d’étape à la fin du collège, à l’instar du bilan de compétences. Ce bilan d’étape servirait à mieux accompagner les jeunes dans leur choix d’orientation et permettrait de revaloriser l’apprentissage.
Je pense que les entreprises, tout comme l'Éducation nationale, ont aussi un rôle à jouer dans la valorisation de l’image de l’apprentissage. Elles devraient plus se mettre en relation avec les jeunes et les inciter à se former pour comprendre les réalités quotidiennes des salariés.
Chez Bouygues Télécom, on a une culture d’entreprise à l’américaine où les plus experts accompagnent les débutants. On fait de même pour les nouveaux embauchés. Ceux qui ont le plus d’ancienneté deviennent référents pour les nouveaux arrivants. Mon entreprise est très centrée sur l’apprentissage. Mais dans un cadre strict : on a une charte de qualité. C'est un dispositif nouveau et mon rôle en tant que représentante du personnel, est de rester vigilante sur le sujet. Le tuteur suit une formation, l’apprenti est aussi encadré pour la rédaction de son rapport de stage. Car le but de cette expérience est avant tout pédagogique : l’apprenti n’est pas là pour effectuer le travail d’un salarié. C’est ce genre de charte qu’il faut mettre en place dans les entreprises. »


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