juin 17 2010
Retraites : non à une réduction des déficits publics à n'importe quel prix !
Sauver notre système de retraites est un impératif », voici un objectif que la CFTC partage avec le Gouvernement. Pour le reste, nous ne pouvons être qu’en désaccord !.
- La CFTC a reçu ce matin à 8h30, en même temps que les médias, les éléments de communication du Gouvernement concernant le projet de réforme de notre système de retraites. Aucune information spécifique na été adressée aux partenaires sociaux.
Par ce biais, le Gouvernement fait le choix dinformer directement les Français, les électeurs, en les privant de leur droit de réponse, de leur liberté dexpression portée par les partenaires sociaux. Cette campagne de communication qui vise à séduire le plus grand nombre est dangereuse car sous couvert de pérenniser notre système de retraites, cette réforme ne fait que répondre à des impératifs financiers dont le mot dordre est de réduire les déficits publics et ce à nimporte quel prix.
La CFTC tire la sonnette dalarme ! Le gouvernement nous avait promis une réforme juste et progressive. Or, il est demandé à chacun de travailler 4 mois supplémentaires dès 2011 avec un plein effet en 2016.
Ainsi, un salarié né en 1956, qui peut aujourdhui bénéficier de sa retraite à taux plein en 2016, ne pourra demain la prendre quen 2018. Par ailleurs, les salariés nés en 1951 et devant partir en retraite lannée prochaine sont eux-aussi directement touchés par la réforme. Peut-on vraiment parler de progressivité dans ces conditions ?
Pour aller plus loin, leffort demandé à tous les salariés est de 4 mois par an, alors que laugmentation de lespérance de vie au-delà de 60 ans est de moins de 2 mois par an ! Peut-on encore parler de réforme « juste » ? Avec le report de lâge de départ en retraite, les efforts demandés aux salariés représentent près de 90% des économies réalisées à lhorizon 2020, alors que les revenus du capital ny contribueront que pour 10%. Comment le Gouvernement peut-il parler de « solidarité » ou de « réforme équitable » ?
Le dispositif que nous attendions pour la prise en compte de la pénibilité se résume aujourdhui à lapplication du dispositif « Invalidité » déjà existant, qui ne tient absolument pas compte de la dégradation de lespérance de vie pour ceux qui exercent ces métiers. Le dossier de la pénibilité se solde donc par une fin de non-recevoir. « Equité sociale », nous dit le gouvernement ?
Par ailleurs, ce projet de loi nenvisage pas daller plus loin en faveur du maintien dans lemploi des seniors ou dune meilleure intégration professionnelle des jeunes ; ces jeunes veulent du travail plutôt que des compensations pour période de chômage.
Le principe déquité est rompu ; cette réforme ne respecte ni le principe du libre-choix, ni le principe dun effort justement réparti entre tous les revenus. A vouloir gérer des masses comptables, le Gouvernement oublie que derrière chacun de ces chiffres, existe un homme, une femme, une famille, engagé dans une vie active de plus en plus violente.
Durant les 2 prochains jours que le Gouvernement semble ouvrir à la négociation avec les partenaires sociaux, la CFTC rappellera au Gouvernement que le travailleur nest pas une machine et quil ne suffit pas dappuyer sur le bouton « marche » pour faire avancer notre société. La CFTC appelle donc tous les salariés et leurs familles à manifester leur opposition à ce projet de réforme injuste et violent en se mobilisant le 24 juin.


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