avril 07 2011
Réforme des séries technologiques
Comité Interprofessionnel Consultatif du 4 février 2011 : Ministère de l'Education Nationale
Je tiens tout d'abord à remercier mon amie Claire Chesnet qui m'a précédée et qui a assuré la présence de la CFTC au sein de cette assemblée. Le C.I.C est en quelque sorte le lieu où l'on présente le travail accompli par les différentes Commissions Professionnelles Consultatives, à plusieurs participants : - présidents ou vice-présidents de CPC - partenaires sociaux, dont je suis le représentant au titre de la CFTC - pouvoirs publics (personnalités de l'éducation / DGESCO ; de la santé, jeunesse et sports ; de l'écologie et développement durable ; de l'économie, industrie et de l'emploi ; de l'enseignement supérieur et de la recherche) - personnalités qualifiées : ce sont les représentants d'organisations syndicales.
- Cette réunion portait sur la réforme des séries technologiques - STI2D-STL-STD2A ainsi que sur un projet d'arrêté pour la liste des LV de certaines spécialités de BTS. Une première réunion s'était tenue le 19 novembre 2010, pour permettre la présentation des textes et les débats. Le sous-directeur des lycées et de la formation professionnelle tout au long de la vie, M. HUART, a ouvert la réunion et a permis aux organisations syndicales de faire une déclaration commune. Celle-ci condamne la réforme des séries STI2D-STL et STD2A, qui a pour effet d'abonder la suppression attendue de milliers de postes, ainsi que des programmes qui ne répondront plus aux attentes de ces classes et de leurs élèves.
Des discussions se sont ensuite engagées :
- sur la politique éducative : on constate déjà une fuite d'élèves de bac-pro, depuis la réforme de la voie professionnelle. Le ministère, par cette nouvelle réforme, amplifie le risque de transfert de la « professionnalisation » hors de l'Education Nationale.
A cela, la DGESCO nous a répondu que cette réforme, tout comme celle du bac professionnel, est conforme à l'objectif qui est l'élévation du niveau de formation. M. PERROT, IGEN STI, a expliqué que la voie technologique doit préparer à la poursuite d'études, pour former des techniciens supérieurs et/ou des ingénieurs. Le but est de suivre un cursus jusqu'à bac +5, même si le BTS reste un point de passage.
- sur l'identité de la voie technologique : la déspécialisation nuit à la diversité des parcours. Quid des matériels industriels pédagogiques et des compétences professionnelles des enseignants ?
La DGESCO assure que cette réforme met fin à la confusion Technologique/ Profes-sionnel. M. PERROT rajoute que les formations professionnalisantes doivent s'effectuer dans la voie professionnelle. Il est certain que les enseignants du domaine technique n'auront qu'une place « très marginale » dans la série STI2D.
Ce qui nous amène aux points suivants :
- suppression de postes et formation des enseignants :
nous faisons remonter les grandes inquiétudes sur le terrain des collègues touchés par cette réforme. Le sentiment de sidération cède maintenant la place à de la colère. Il n'y a pas d'explications pour ceux et celles qui sont touchés par des mesures de carte scolaire. Les actions de formation qui ont débuté ne sont pas à la hauteur et leur durée est très inégale, suivant les académies.
Une fois de plus, la précipitation de mettre en place cette réforme conduit à une désorganisation sur le terrain.
M. PERROT dit qu'il faut relativiser sur "des milliers de postes perdus". La DGESCO indique que le plan de formation pour la reconversion en STI est innovant. Elle affirme que "la moyenne nationale des formations est de 12 jours, plus la visio-conférence".
- les nouveaux programmes :
L'incompréhension est de mise. L'histoire - géo, par exemple, perd toute sa richesse sur les révolutions industrielles ou encore les deux guerres mondiales, pas mal pour une voie technologique ! Des questions aussi sur l'intervention en commun d'un enseignant LV + un enseignant technologique. L'idée est intéressante mais l'enseignant de matière techno. doit-il s'exprimer aussi en langue étrangère ? Et comment organiser ceci au travers des DHG toujours à la baisse ?
A la suite du vote, 12 projets d'arrêtés fixant les nouveaux programmes des séries STI2D, STL et STD2A ont été rejetés.
Seuls le projet d'arrêté du programme de français commun à toutes les séries technologiques ainsi que le projet d'arrêté de la liste des LV autorisées dans certaines spécialités de BTS ont été validés.
Je rappelle ici que le Conseil Supérieur de l'Education (CSE) a déjà rejeté par deux fois cette réforme de la voie technologique (CSE des 1er avril et 17 décembre 2010).
V. Raoux - PLP corresp. académie Montpellier
Secrétaire gén. adj. Scenrac


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