juin 22 2011
Pilotage des écoles: pourquoi ne pas partir du particularisme parisien ?
Aujourd'hui la direction d'école est confrontée à un double problème. D'une part les missions et les charges des directeurs d'école ne cessent d'augmenter, d'autre part le nombre de candidats qui postulent sur ces postes diminue chaque année. Face à ce constat, il est urgent de s'interroger bien sûr quant au manque d'attrait de ce métier, mais aussi sur la formation nécessaire à apporter aux personnes qui font le choix de devenir directeur, pour qu'elles puissent en assurer les missions dans les meilleures conditions.
- Cela ne peut être que le fruit d'un recrutement vigilant et d'une formation appropriée. Actuellement l'un comme l'autre font défaut.
Du fait de la pénurie de candidats, le recrutement sur les postes de direction d'école est presque une formalité et ceux qui le souhaitent occupent un poste de direction par le seul fait de l'avoir demandé.
La formation à ce jour est quasi inexistante. En effet face aux nombreuses missions qui l'attendent, le futur directeur ne se voit offrir au plus que trois semaines de formation - sous la forme d'un stage de fin d'année - qui ne correspond malheureusement plus à la réalité de cette profession.
La première chose urgente à faire est de nous interroger sur ce que le ministère souhaite vraiment mettre en place pour piloter les écoles du 1er degré. Cette question est essentielle, il est temps que ce dernier se prononce clairement. Il nous parait évident qu'une école ne peut se dispenser d'un pilote.
Ensuite la deuxième question : quel type de personnel est-il opportun de placer à la tête de cette école ?
Enfin dernière question : pour répondre aux missions qui seront confiées aux directeurs d'école, quelle formation initiale doit leur être apportée ?
En tous les cas, le pilotage d'une école par une seule entité permet de régler nombre de situations qui ne sont souvent conflictuelles que par le partage plus ou moins flou des responsabilités.
Un enfant qui arrive à l'école en garderie le matin dépend tout d'abord d'une structure qui est sous la responsabilité de la mairie ou d'une association. Durant la matinée son temps devient un temps scolaire. Il passe entre midi et deux sur un temps municipal, redevient élève durant l'après midi et termine sa journée sous la responsabilité d'une nouvelle structure qui peut-être, comme le matin, soit municipale soit associative.
Ce qui signifie dans la journée entre la garderie du matin et l'étude du soir il y a au moins 2 ou 3 formes juridiques qui ont géré l'enfant. Avec des entités juridiques différentes, il est évident que la cohérence éducative a du mal à être respectée s'il n'y a pas une volonté forte de chaque intervenant.
L'école ne doit avoir qu'un seul pilote et ce pilote doit être le directeur.
Cela permettrait de bâtir de vrais programmes et de vrais projets éducatifs locaux qui tiendraient compte de la réalité du terrain, des capacités dont disposent à la fois l'école, le centre de loisir et le centre d'accueil pour les moments périphériques. Et aussi bien sûr les programmes scolaires et la volonté politique de la mairie de faire aboutir tel ou tel projet.
Cela permettrait de mettre tout cela en cohérence, avec à la barre un pilote : le directeur reconnu, compétent et formé comme la CFTC éducation le demande depuis de nombreuses années.


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