février 14 2011
Le mot du secrétaire général de la CFTC Education Nationale : Gérard Olivier
L'année écoulée a été riche en événements qui touchent notre vie professionnelle et dont certains auront des conséquences graves pour beaucoup d'entre nous. Je veux parler ici des retraites et pensions, des salaires, des conditions de travail. Ne doutons pas que l'année qui s'ouvre va nous amener son lot de galères.
- On nous dit que la situation économique ne montre pas de signes de grande amélioration et que notre gouvernement veut continuer de réformer car il imagine réduire considérablement la dette publique du pays.
Bien sûr les intentions peuvent paraître louables mais à y regarder de plus près, on comprend qu'il y a un fossé entre celles-ci et les résultats escomptés. En effet, nos gouvernants aveuglés par une idéologie purement comptable, vont tailler une fois de plus dans les budgets de la Fonction Publique et notamment dans le premier, celui qui fait qu'une Nation se donne les moyens d'élever le niveau général de ses citoyens, l'Education Nationale.
Dans ce but, on a introduit comme paramètre principal d'analyse du système éducatif, le critère de la «rentabilité». Cela se comprend parfaitement dans un contexte économique «marchand» où la rentabilité peut apparaître comme le résultat entre ce qui a été investi et ce que cela a rapporté en termes de bénéfices. On comprend, mais là où le bât blesse dans l'Education Nationale, c'est qu'on nous parle toujours de coûts, d'investissements trop élevés, d'économies mais jamais des gains réalisés. C'est simple, comment peut- on mélanger des navets, des carottes et des Euros ? Même un enfant sait que pour faire des opérations de calcul, il faut une unité de mesure commune.
Nos dirigeants veulent nous faire croire qu'ils l'on trouvée à travers la notion «d'économies réalisées». Or il faudra que l'on nous explique en quoi les éco- nomies réalisées font remonter le niveau général de nos chères «têtes blondes»? En quoi celles-ci vont per- mettre aux enseignants de travailler plus et mieux ? En quoi cela va-t-il permettre aux jeunes des quartiers d'être davantage socialisés, reconnus?
Nous pourrions allonger à l'infini cette liste de questions mais ce qu'il faudra retenir de l'histoire, c'est qu'en attendant des jours meilleurs, nous allons devoir une fois de plus nous serrer la ceinture... Se serrer la ceinture, certes, mais surtout pas les dents afin de clamer haut et fort que la vérité n'est pas du côté des technocrates, que d'autres solutions existent et qu'il appartient à chacun d'entre nous de le démontrer.
Les valeurs universelles et humanistes que défend la CFTC Education Nationale ne sont pas utopiques et notre Ministre ferait bien de se rappeler qu'à défaut de nous écouter, il faudra bien qu'il nous entende car derrière chaque enseignant, on trouve un homme, une femme, des citoyens dont l'envie est que ces valeurs progressent dans notre société et qui utiliseront tous les moyens dont ils disposent pour y arriver.
Gérard OLIVIER


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