avril 20 2010
L'actualité vue par un délégué CFTC
La suppression des allocations familiales pour les parents d’enfants qui font l’école buissonnière, commentée par Pascal Brand, vice-président CFTC CAF de Créteil, Val-de-Marne.
Nicolas Sarkozy, puis Luc Chatel, veulent en finir avec l’absentéisme scolaire. Il est de nouveau question d’instaurer des sanctions allant jusqu’à la suppression des allocations familiales pour les parents d’enfants qui font l’école buissonnière, voire de les durcir… Est-ce une solution acceptable?.
- "Cette sanction, sur le principe, est déjà applicable depuis la loi du 31 mars 2006 sur "légalité des chances" qui instaure un "contrat de responsabilité parentale" entre les parents des élèves qui cumulent des retards ou absences et le département.
Un contrat, sil est rompu ou nest pas respecté, qui peut entraîner une suspension des allocations familiales, celles-ci étant versées par les CAF.
Mais ce contrat "ne fonctionne pas" selon les récents propos des protagonistes que vous citez et qui sont décidés aujourdhui à ce que les préfets sen mêlent. Parler de "fléau" pour ce phénomène qui concerne moins de 5% des élèves au niveau des collèges et des lycées ou brandir la menace de "sanctions effectives" nest assurément pas la bonne méthode pour lutter contre labsentéisme scolaire.
Aborder le problème de cette manière, cest, de plus, méconnaître la situation particulière et individuelle des familles concernées, souvent déjà confrontées à dautres difficultés. Cest ainsi ignorer les difficultés dans lesquelles ces familles souvent en rupture de dialogue avec les institutions dont lÉducation nationale et habitant des quartiers "défavorisés" se débattent par exemple ne serait-ce que pour payer leur loyer.
Cest surtout montrer du doigt les seuls parents en sous-entendant que ce sont de "mauvais parents".
La question mérite une vraie réflexion quil faut mener de manière concertée. Cest la collectivité dans son ensemble qui doit sinterroger face à cet échec [NDLR: la CFTC représentée au conseil dadministration de la Cnaf sétait abstenue sur le projet de loi en 2006 pour ces mêmes raisons].
Je ne donne pas raison à ces jeunes. Je dis simplement quil ne faut pas les délaisser ni les marginaliser davantage. Accompagnons-les, proposons-leur des clés pour construire leur avenir, rebondir et bien se préparer à la vie active!
Lorsque toutes les autres tentatives daccompagnement auront échoué ou que le contrat de "confiance" aura été rompu, la sanction pourra alors être envisagée.
Mais au préalable, il faut toujours se poser la question du pourquoi de la situation, du blocage ou de la rupture du dialogue. Ce travail daccompagnement demande du temps et des moyens. Dans tous les cas, on le voit bien, la sanction ne peut être la seule réponse.


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