août 29 2009
La revalorisation du métier d'enseignant
Dans le cadre du projet de loi de finances pour 2010, M. Dominique Le Mèner, Député de la Sarthe, a été désigné rapporteur pour avis sur « la revalorisation du métier d'enseignant ».
Il a souhaité connaître notre position sur les raisons qui conduisent à vouloir revaloriser la condition enseignante et sur les mesures susceptibles de revaloriser le métier d'enseignant en particulier.
Le SCENRAC-CFTC fonde ses revendications sur le respect de la dignité de la personne humaine, qui n’aurait qu’une valeur marchande, si elle n'avait pas une valeur spirituelle, sur la recherche de l’écoute dans une volonté de conciliation. C’est dans cet esprit que le SCENRAC, c’est à dire la CFTC Education Nationale, a souhaité répondre aux questions posées par la commission des affaires culturelles et de l’éducation.
- Le dossier que nous avons élaboré reprenant une grande partie des thèmes que nous souhaitions traiter dans ce numéro, nous avons fait le choix de communiquer ici le dossier que nous avons remis à la commission le 23 juillet 2009. Le SCENRAC-CFTC se réclame et s’inspire des valeurs sociales chrétiennes indépendamment du libre choix politique, philosophique ou religieux de chacun de ses membres.
1) Les raisons qui conduisent à vouloir revaloriser la condition enseignante
A. LE TEMPS DE TRAVAIL DES ENSEIGNANTS
Si le législateur a écrit dans les textes la durée de service des enseignants , il ne s’est intéressé qu’au temps de présence face aux élèves.
A ce temps de présence face aux élèves, il convient d’ajouter :
- Le temps de préparation des cours
- Le temps des corrections
- Le temps de concertation entre collègues
- Le temps de rencontres avec les familles
- Le temps de suivi individualisé des élèves
- Le temps de formation permanente personnelle indispensable à l’enseignant pour suivre les évolutions constantes de la recherche pédagogique , de la recherche psychologique, des nouvelles technologies
- Le temps personnel de formation de sa propre culture générale
- Mais aussi le temps de récupération psychologique après les cours face à des élèves de plus en plus difficiles et à l’attention de plus en plus fugace.
La situation matérielle des établissements fait que ceux-ci sont dans l’incapacité de fournir des conditions de travail compatibles avec l’activité des enseignants en dehors de leur présence face aux élèves.
Jusqu’à maintenant les tentatives visant à demander 35 heures de présence aux enseignants se sont heurtées à de nombreuses difficultés parmi lesquelles l’impossibilité de mettre un bureau personnel à la disposition de chacun avec le matériel correspondant et la difficulté à quantifier le temps nécessaire à chacun pour les tâches de préparation et de correction…
B. LA PENIBILITE
> Dissocier la pénibilité de la dangerosité. Aucun métier dans l’Education nationale n’est, à proprement parler, dangereux, mais les enseignants sont parfois confrontés à des situations dangereuses qui justifient l’exercice du droit d’alerte, en cas de comportements violents récurrents, et du droit de retrait, si l’administration ne réagit pas devant ces comportements.
> On peut dire que la pénibilité du métier d’enseignement est dans l’énergie dépensée, parfois jusqu’à l’angoisse, à relever des défis : à la fois, être utile au faible pour le hisser au niveau exigé dans une classe donnée et intéresser l’intellectuel doué qui exige une formation culturelle dense. Après un certain nombre d’années, les professeurs sont usés. Il est à remarquer que l’angoisse des enseignants est actuellement amplifiée par le comportement de plus en plus procédurier de certains parents qui portent plainte contre eux pour la moindre maladresse de vocabulaire.
Cette pénibilité doit être reconnue.
C. L’EVALUATION ET LE SYSTEME ACTUEL DE PROMOTION
La joie très particulière de transmettre un savoir et un savoir-faire, et surtout le fait de participer, très modestement, au développement humain des jeunes qui leur sont confiés est souvent la motivation essentielle de nos collègues. « Heureusement qu’il nous restent les élèves », disent-ils.
Mais la satisfaction professionnelle n’est pas suffisante face à :
- l’avalanche des réformes et face aux inspections souvent infantilisantes et plus soucieuses de la lettre que de l’esprit, - l’absence de véritables perspectives de carrières
- des notations administratives pas toujours objectives en particulier lorsqu’il s’agit d’apprécier un passage à la Hors Classe : un enseignant peut rester 10 ans au 11ème échelon !
- la difficulté d’une nouvelle orientation :
. en vue d’une formation pour enseigner une autre matière
. en vue d’une orientation vers une seconde carrière
- la contrainte du système actuel d’affectation :
. pas de postes adaptés pour les personnes qui approchent de la retraite
. pas de postes mixtes enseignement-vie scolaire, enseignement-conseil en orientation, enseignement-administration
- la difficulté d’obtenir des mutations permettant de concilier vie professionnelle et vie personnelle notamment dans
. la situation des seniors , qui ont des parents éloignés de leur lieu de fonction , et qui ne bénéficient pas de barèmes favorables pour les rejoindre
. dans la situation de collègues ayant la curatelle de membres collatéraux de leurs familles


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