janvier 05 2010
Billet d’humeur : le retour des instituteurs...
Toujours plus et toujours plus haut, telle est la spirale inflationniste qui dicte la conscience politique aujourd’hui, et sans que ce mouvement n’ait vraiment d’incidence sur l’orientation politique de droite ou de gauche.
L’école primaire vit depuis vingt ans un coup d’état ou d’éclat permanent. En 20 ans on a fermé et vendu les prestigieuses Ecoles normales d instituteurs ; passé le concours de Bac à plus deux puis trois pour finir aujourd‘hui à Bac plus cinq. A ce rythme dans 20 ans on arrivera à bac plus 15…
Durant ces courtes années, au regard de l histoire de la République ; les ambitions ont fait flores, anglais, allemand, suivi de chant choral ou de littérature, et philosophie...Au fil des ans, on a vu les priorités changer, la grammaire reléguée à « lenfer », une méthode de lecture co- écrite par des hauts responsables de la pédagogie finir dans la poubelle des bonnes idées .Pendant cette même période, certains parents ont vu leur parentalité prise en charge par les bonnes actions de lécole, soutien, remédiation, pédagogie differenciée, visites chez le psychologue scolaire.
Lenfant, pendant ce temps de transfert de responsabilité fut livré sans contrôle à la télévision de bas étage, à la pornographie et à violence sur le net, par ailleurs ne rentrant plus chez lui le midi pour déjeuner, quand cétait possible. Ce désapprentissage de la parentalité a été possible grâce à cette substitution démagogique des rôles et devoirs.
Au regard des résultats de lenfant et de la vérité opératoire qui sont assises sur le bon sens, et non sur les tonnes dévaluations et détudes en tout genre, force est bien de constater quun enfant simplement élevé au sens moral par son parent ou ses parents , éloigné des « immondices » de la télévision et de la facilité des hamburgers, réussit. Ce point devrait être final
Cette réussite ne signifie pas un passeport pour une grande école ou pour HEC, mais la simple réussite du savoir : écouter et vivre ensemble.
Après avoir posé comme principe de base la nécessité dun socle commun de compétence à lécole primaire qui est en adéquation avec les missions essentielles de lécole de tous les temps et de tous les pays ,on peut sinterroger sur la vacuité d accéder à la fonction dinstituteur en passant un concours BAC plus 5..Non seulement cette spirale inflationniste est couteuse pour le budget de lEtat, mais elle est en désaccord total avec la compétence requise pour transmettre des savoirs fondamentaux.
Le bon sens élémentaire pour une efficacité meilleure, après le recadrage obligatoire des programmes, serait de recentrer le concours sur laccès au niveau Bac avec rétablissement des Ecoles normales.Osons dire que cest foutaise de prétendre quapprendre à compter jusquà cent nécessite le passage par une école de commerce ou par une spécialisation en histoire de lArt.
Aller dans une école normale, ne veut pas dire que lapprentissage dans celle-ci a comme conséquence lexclusion des diplômés quelle forme : bien au contraire, elle ouvre à tous après le baccalauréat, lexcellence en matière de savoirs fondamentaux, orthographe, grammaire etc.
Il est urgent de remettre, à chaque étape de la vie, les bons interlocuteurs.Si un chirurgien est demain nécessaire pour poser un pansement sur une petite blessure, que deviendront les malades et les infirmières
Lécole nest pas lantichambre, la classe prépa des universités ou son champ dexpérience ,elle est le devenir du plombier, du maçon, du médecin. La simplicité est de mise .Linstituteur est avant tout un artisan du savoir. Pas un petit professeur mais un grand instituteur- Igor DEPPERAZ


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