mai 12 2011
Attention à ne pas confondre évaluation d'école avec évaluation pédagogique - lettre au ministre
Monsieur le Ministre, comme suite à la mise en application de la circulaire n° 2009-064 du 19-5-2009, dans certaines académies, nous tenons à vous faire part de notre sentiment sur la problématique actuelle de l'évaluation d'école.
- Dans un contexte général de dégradation des conditions d'exercice des enseignants du primaire, bien que s'inscrivant dans des enjeux auxquels nous pourrions souscrire (amélioration des résultats, de la qualité des enseignements…) cette dernière nous paraît très inopportune.
En effet les enseignants, las de la place et de la considération qui leur sont faites dans la valse effrénée de réformes aux enjeux incertains, apportent une tout autre interprétation de cette circulaire.
Nos collègues ont trouvé les limites de ce texte dans sa formulation : « la liberté pédagogique dont, pour organiser leur enseignement, les personnels…ne sera pas le prétexte de pratiques qui font obstacles à l'acquisition des savoirs… »
Outre le côté offensant de cette phrase, quel enseignant irait s'opposer à ce que ses élèves puissent apprendre quelque chose à l'école ? Ce texte nous paraît contenir les germes de conclusions qui pourraient désigner les enseignants comme seuls responsables de l'échec scolaire. Or nous savons tous que bien d'autres facteurs entrent en ligne de compte dans ces résultats, tels que les conditions sociales de certaines familles, les moyens alloués à l'école…
Si notre organisation demeure ouverte à la discussion sur la mise en place d'une « école de la réussite », elle s'opposera fermement à toute interprétation restrictive des textes qui tendrait à confondre évaluation d'école avec évaluation pédagogique des enseignants et n'aboutirait qu'à la désignation de bouc-émissaires.
Nous tenons à rappeler que les enseignants sont des fonctionnaires régis par un « statut » et les Décrets qui l'instituent, qu'en aucune façon une circulaire peut être considérée comme ayant un caractère d'obligation.
Restant à votre disposition, nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, à l'assurance de nos sentiments distingués.
Gérard OLIVIER
Secrétaire Général CFTC-Education


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